La Bataille de Lépante – 7 octobre 1571
Conséquences politiques et religieuses
La bataille de Lépante est une des plus grandes batailles navales de l´histoire qui s'est déroulée le 7 octobre 1571 au large de Naupacte — appelée alors Lépante — à proximité du golfe de Patras en Grèce. La puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue à l'initiative du pape Pie V. La bataille se conclut par un désastre pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 30 000 hommes. L'événement eut un retentissement considérable en Europe car, plus encore que la défaite des janissaires lors du siège de Malte de 1565, il sonnait comme un coup d'arrêt porté à l'expansionnisme ottoman.
Certains historiens estiment qu'il s'agit de la bataille navale la plus importante par ses conséquences depuis celle d'Actium, qui marqua la fin des guerres civiles romaines[1].
Sommaire
2 Composition des flottes et commandants
7 Les représentations artistiques de la bataille
8 Autres anecdotes
1/ Contexte
Le prétexte est la prise de Chypre par les Ottomans en 1570 : la prise de cette possession de la République de Venise, au terme d'une conquête brutale (plus de 20 000 habitants de Nicosie sont mis à mort)[2], est l'élément déclencheur de la réaction européenne. Sous le nom de Sainte Ligue, le pape Pie V mobilise sur le thème de la croisade, et réussit à constituer une alliance entre l´Espagne, Venise, les États Pontificaux, la République de Gênes, le Duché de Savoie, l’Ordre Souverain Militaire Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte et quelques autres puissances.
Mais, en réalité, le contexte plus général est celui d'une lutte généralisée d'influence pour le contrôle de la Méditerranée. La bataille s'inscrit sur fond de tensions géopolitiques et religieuses, avec la montée de l'expansionnisme musulman ottoman en Méditerranée, qui menace les puissances chrétiennes, et en particulier les intérêts espagnols, puissance dominante dans la région à cette époque. Depuis le début du XVIe siècle, les Turcs pratiquent des razzias en Méditerranée occidentale. Débarquant sur les côtes italiennes ou espagnoles, ils pillent les villes du littoral et emmènent certains habitants en esclavage.
À cette rivalité stratégique (le contrôle de la Méditerranée occidentale), s'ajoute en arrière-plan la rivalité religieuse traditionnelle entre chrétienté et islam.
2/ Composition des flottes et commandants
La flotte chrétienne est composée des flottes combinées pontificales, espagnoles et vénitiennes avec des contributions mineures de Gênes, d’autres États de la péninsule italienne, du duché de Savoie qui y envoie les trois galères de Nice, et des Hospitaliers. Elle est commandée par le jeune infant Juan d'Autriche (24 ans), fils naturel de Charles Quint et demi-frère du roi d'Espagne Philippe II — qui s'avère un excellent commandant.
Soldats chrétiens à bord : 8 000 espagnols, 5 000 vénitiens, 1 500 pontificaux, 5 000 allemands, 5 000 italiens, 4 000 nobles aventuriers[3].
La flotte ottomane est commandée par le kapudan pacha Ali Pacha Moezzin, qui se place au centre. Il est assisté d'Uludj Ali (régent d'Alger) qui dirige l’aile gauche et de Mohammed Sirocco (gouverneur d'Égypte) qui dirige l’aile droite. Les galères ottomanes sont occupés par 13 000 marins expérimentés et 34 000 soldats.3/
Déroulement
Formation des flottes juste avant le contact
Au matin du 7 octobre 1571, la flotte chrétienne en provenance de Messine rencontre la flotte turque en provenance de Lépante (aujourd'hui Naupacte) dans le golfe de Patras, au large de la Grèce.
Cette bataille est restée dans les traités d’histoire militaire comme un tournant dans la stratégie navale. En effet, c’est la première fois que les galères se voient opposées (à grande échelle) à une flotte plus manœuvrant et armée de canons. Cette combinaison technique, une stratégie qui a consisté à enfermer les Turcs dans le golfe de Lépante, une tactique consistant à faire prendre à l’abordage les galères par l’infanterie espagnole (les tercios), alliées à des défections rapides dans la flotte turque contribua grandement à la réputation de cet affrontement.
Pendant le cours de la bataille, le navire du commandant ottoman est envahi par les hommes de la galère de Juan d'Autriche[4] ainsi que par celle de l’amiral de la flotte savoyarde André Provana de Leyni entre autres, et l’amiral turc est décapité et sa tête placée au bout du mât du navire principal espagnol, ce qui contribue à saper le moral turc.
La bataille dure une grande partie de la journée et est particulièrement violente.
4/Bilan
La démesure de l’affrontement en fait un événement majeur : on dénombre au moins 7 000 morts et 20 000 blessés chez les Chrétiens, 30 000 morts ou blessés et 3 500 prisonniers chez les Turcs (sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés), 15 000 forçats chrétiens libérés de leurs fers[5].
Les Ottomans subissent une lourde défaite : 117 galères et 13 galiotes sont capturées, et 62 galères coulées, alors que les Chrétiens ne perdent qu'une douzaine de galères[5]. 450 canons et 39 étendards sont pris aux Ottomans.
Les navires ottomans rescapés sont ramenés à Constantinople par Uludj Ali, seul amiral ottoman à s'être distingué et à avoir sauvé l'essentiel de son escadre, et qui est nommé kapudan pacha (grand amiral) le 28 octobre[6].
5/ Conséquences
La victoire de la flotte chrétienne à dominante vénitienne, confirme l’hégémonie espagnole sur l'ouest de la Méditerranée et met un coup d’arrêt à la progression ottomane vers l'Europe. Psychologiquement, la victoire a un retentissement considérable en Europe, car c'était la première fois qu'une flotte chrétienne réussissait à vaincre la marine ottomane.
Cependant, les dissensions entre alliés empêchent de poursuivre l'avantage, et les projets de reconquête des Dardanelles, voire de Constantinople, doivent être abandonnés. Les Ottomans reconstituent rapidement leur flotte et reprennent le contrôle de la Méditerranée orientale. Venise, ruinée par la guerre et l'interruption de son commerce avec l'Orient, négocie avec les Turcs et leur reconnaît par traité le 7 mars 1573 la possession de Chypre, pourtant objet originel du conflit.
L’expansionnisme ottoman est en revanche irréversiblement marqué par la défaite de Lépante. S'ils ont rapidement remplacé les navires, les Turcs n'ont jamais vraiment pu se remettre de la perte de 30 000 hommes, souvent hautement qualifiés — marins, rameurs, archers embarqués comme « artillerie légère ». Grâce à leur alliance avec la France, en lutte contre l'Espagne, les Ottomans réussissent à finaliser leur conquête du Maghreb avec la prise de Tunis en 1574, mais pour l'essentiel leur influence en Méditerranée occidentale prend fin avec Lépante[7].
Toutefois, le rôle prépondérant de la mer Méditerranée s’est progressivement atténué dans les années suivantes avec l’essor des flottes océaniques qui avait commencé quelques décennies plus tôt.
Militairement, la bataille montre la redoutable efficacité des galéasses vénitiennes (grosses galères à voiles armées de canons)[8]. Même si des batailles antérieures plus limitées l’avaient déjà annoncé, même si la flotte chrétienne comportait un nombre important de galères (mais la flotte turque ne comprenait pas de galéasse), et même si l’emploi du canon a été moins décisif que la légende ne l’a voulu, on considère généralement la bataille de Lépante comme la fin des flottes de galères au profit des galions armés de canons[9].
6/ Portée
On peut penser que cette bataille vit également l'émergence ou le renforcement d'une certaine « conscience européenne », structurée ici autour de l'aspect religieux[10].
Une autre analyse voit dans cette victoire « une alliance classique d'États qui craignent de ne pas faire le poids face à un ennemi plus fort que chacun d'entre eux »[11].
7/ Les représentations artistiques de la bataille
Les représentations artistiques réalisées dans les années qui suivirent la bataille de Lépante pour célébrer la victoire du christianisme furent nombreuses dans toute l'Europe.
Pour l'Italie, à Venise, l'épisode fut peint par Andrea Vicentino dans le Palais des Doges, sur les murs de la Sala dello Scrutinio et remplaça la Victoire de Lépante du Tintoret, œuvre détruite par un incendie en 1577. Toujours à Venise, se trouve dans les Gallerie dell'Accademia, la peinture de Paolo Veronese, Allégorie de la bataille de Lépante.
À Pavie, dans la chapelle du collège Ghislieri, est conservée une œuvre de Lazzaro Baldi intitulé La Vision de saint Pie V, peinte en 1673. À Rome, le pape Pie V fit réaliser de nombreuses représentations de la victoire, dont celle réalisée par Vasari exposée dans la Sala Regia des musées du Vatican.
Intéressant en raison du rôle controversé de Gianandrea Doria pendant la bataille, six tapisseries de Bruxelles commandées par l'amiral génois et exposées dans Sala del Naufragio du Palazzo del Principe à Gênes. Les dessins réalisés par Lazzaro Calvi et Luca Cambiaso montrent les différentes étapes de la bataille. Ils ont été reproduits par les artisans belges au travers d'un effet miroir ce qui rend la compréhension de l'événement encore plus problématique.
8/ Autres anecdotes
L’un des participants les plus connus est l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes, qui y perdit l’usage de sa main gauche, gagnant le surnom de « manchot de Lépante » mais il se fit capturer à son retour de Lépante par l'Amiral algérois Mami Arnaute au large de Barcelone. De là, il fut emmené à Alger (La Bien Gardée)[12].
Dans l'Église catholique, une certaine tradition attribue la victoire à la Vierge Marie : le pape Pie V avait demandé un rosaire universel pour obtenir la victoire. L'anniversaire de la bataille fut inscrit sous le nom de Notre-Dame du Rosaire dans le calendrier liturgique romain.
Cette bataille opposant des nations chrétiennes à l'Empire ottoman a donné son nom à une tactique du jeu de stratégie Diplomatie popularisée par Edi Birsan où l'Autriche et l'Italie s'allient contre l'Empire ottoman.
A Saint-Raphaël, la basilique, de style néo-byzantin, « Notre Dame de la victoire de Lépante » (communément appelée « Notre Dame de la victoire ») abrite une copie de la « Croix de Lépante » qui se trouvait sur le vaisseau amiral de la flotte chrétienne, et dont l'original est conservé dans la Cathédrale Sainte-Eulalie de Barcelone.
Gilles Veinstein, professeur au Collège de France (chaire d'histoire turque et ottomane), selon une lettre publiée à Paris en 1572 mentionne que : « Le désastre de Lépante aurait semé la panique à Istambul. Sélim II aurait fait passer son trésor à Bursa, de même que les femmes et les jeunes enfants mâles du sérail. Lui-même et ses janissaires se seraient réfugiés à Edirne, tandis que les défenses d'Istambul étaient renforcées. La population musulmane aurait également fui la capitale ne la laissant peuplée que de Grecs et de chrestiens francs. »
Notes et références
- ↑ (en) Paul K. Davis, 100 decisive battles : from ancient times to the present : The World’s Major Battles and How They Shaped History, New York, Oxford University Press, 2001 (ISBN 9780195143669)
- ↑ Hitchens, Christopher. Hostage to History: Cyprus from the Ottomans to Kissinger. Verso (1997)
- ↑ (en) William Ledyard Rodgers, Naval Warfare Under Oars, 4th to 16th Centuries : A Study of Strategy, Tactics and Ship Design, United States Naval Institute, 1940
- ↑ Une réplique grandeur nature de la galère de Juan d'Autriche est visible au musée maritime [archive] de Barcelone.
- ↑ a et b Daniel Panzac, La marine ottomane : de l'apogée à la chute de l'empire, 1572-1923, Paris, CNRS, 2009 (ISBN 9782271067999), p. 15
- ↑ Daniel Panzac, La marine ottomane : de l'apogée à la chute de l'Empire, 1572-1923, Paris, CNRS éd, 2012 (ISBN 9782271074447), p. 18-19
- ↑ Andrew C.Hess, The Battle of Lepanto and Its Place in Mediterranean History, Past and Present, No. 57. novembre 1972
- ↑ Voir Actes du colloque Autour de Lépante: guerre et géostratégie en Méditerranée au tournant des XVIe et XVIIe siècles, Centre d'Études d'Histoire de la Défense, Paris, 2001
- ↑ Stevens, William Oliver. A History of Sea Power. New York: Doubleday, Doran & Co., 1942
- ↑ Wheatcroft, Andrew. Infidels: A History of the Conflict between Christendom and Islam. Penguin Books, 2004
- ↑ Aymeric Chauprade, Géopolitique — Constantes et changements dans l'Histoire, Ellipses, 3e édition, 2008, p. 533.
- ↑ Herodote.net [archive].
Bibliographie
- Henri Pigaillem, La bataille de Lépante (1571), Paris, Economica, 2003 (ISBN 9782717845617)
- Actes du colloque Autour de Lépante : guerre et géostratégie en Méditerranée au tournant des XVIe et XVIIe siècles, Centre d'Études d'Histoire de la Défense, Paris, 2001.
- Alessandro Barbero, La bataille des trois empires. Lépante, 1571 (coll. « Au fil de l'histoire »), Paris, Flammarion, 2012, 684 p.
- Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Marines Editions, 2011.
- (en) Bicheno, Hugh. Crescent and Cross: The Battle of Lepanto 1571, Phoenix, London, 2004, ISBN 1-84212-753-5
- Carlo Campana, Marie Viallon, « Les célébrations de la victoire de Lépante », La fête au XVIe siècle, Le Puy-en-Velay, 2002
SYNTHESE ET CONCLUSION
le 7 octobre 1571 : La victoire de lÉpante
1570... Une situation de crise
Les pays d'Europe, principalement à cause des suites de la révolte de Luther et des débuts du protestantisme, se disputent et se jalousent. Les "Ottomans", c'est‑à‑dire les Turcs (musulmans), en profitent pour devenir de plus en plus agressifs.
Ils prennent ville après ville et port après port. Cela devient très inquiétant.
Seul le pape de ce temps-là, le pape saint Pie V, voit vraiment le danger. Il sonne l'alarme : tout l'occident risque d'être envahi par l’Islam, ennemi de la Croix et des chrétiens.
Septembre 1570... L'île de Chypre presque conquise
Le sultan Sélim écrase la ville de Nicosie, capitale de Chypre et assiège Famagouste, l'autre grande ville de l'île.
Pendant ce temps‑là, les amiraux de la flotte chrétienne se disputent... et certains font marche arrière. Ils n'ont pas du tout le moral… et ont peur de la puissance meurtrière des Ottomans...
S'unir et s'organiser
Le pape réagit. Avec beaucoup de courage et d'énergie, il multiplie les démarches auprès des gouvernants. D'abord pour que, en tant que princes chrétiens, ils se décident à faire face.
Seules l'Espagne et la République de Venise répondront à l'appel du pape.
Ensuite, il faut que ces deux pays acceptent de se ranger sous une autorité unique, sinon ce serait la pagaille dans les combats : finalement, avec l'accord de tous, le pape nomme le fils de Charles-Quint, Don Juan, seul et unique général des armées de terre et de mer.
Décembre 1570… "Au nom du Christ, vous vaincrez"
La guerre est déclarée aux Turcs pour leur reprendre "toutes les places qu'ils ont usurpées aux chrétiens".
Don Juan se voit remettre un magnifique étendard pour l'armée confédérée :
- d'un côté, Notre-Seigneur en croix ;
- de l'autre, les armes de l'Église entre les armes du roi d'Espagne et celles de Venise.
"Allez, lui dit le pape, allez, au nom du Christ, combattre son ennemi, vous vaincrez".
Toute l'Église se met en prière et recourt à la Vierge
Et le pape ordonne immédiatement que, à Rome et dans toute la chrétienté, on prie beaucoup pour attirer sur les soldats et les marins chrétiens la protection de Dieu.
Dans tout le monde chrétien, les confréries du Rosaire sont mobilisées pour supplier le Ciel.
Saint Pie V avait un grand amour pour le chapelet.
N'oublions pas que le Rosaire avait été révélé au monde par saint Dominique. Or saint Pie V, avant d'être élu pape, était dominicain (c’est depuis, à la suite de saint Pie V, que tous les papes se sont habillés en blanc, la couleur de l'habit des dominicains).
Août 1571... Chypre asservie
Famagouste est prise. Tous les chrétiens survivants sont enchaînés. La cathédrale est transformée en mosquée.
Toute l'île est maintenant conquise par les Turcs. Ils se vantent de vastes projets auxquels ils n'entrevoient plus d'obstacles !
À nous, I'Italie ! À nous, l'Europe !
15 septembre 1571... Messine... le grand départ
Environ 200 galères chrétiennes, pontificales, espagnoles et vénitiennes lèvent l'ancre et quittent le port de Messine, en Sicile.
Dix galères se détachent pour aller découvrir l'ennemi.
7 octobre 1571... dans le golfe de Lépante
Dès le matin, c'est le contact. Don Juan arbore l'étendard donné par le Saint Père.
Les Turcs sont surpris. Ils ont 300 galères. Ils sont sûrs de gagner.
Premiers boulets de canon. Fumée partout… Gigantesque mêlée !
Erreur de manœuvre pour une partie des galères turques qui se voient coincées par les galères vénitiennes. Le moral des Turcs commence à tomber.
A l'abordage !
Don Juan a une idée géniale : il fait libérer les galériens enchaînés à leur poste de rameurs. Ivres de joie, ceux-ci se précipitent sur les galères ennemies pour aider les soldats à massacrer les Turcs.
A leur tour, les chefs turcs libèrent leurs rameurs.
Mais… beaucoup sont des chrétiens : ils ne vont pas se battre contre d'autres chrétiens ! Ils se retournent au contraire contre ceux qui les avaient faits prisonniers !
Trois heures après le début, il n'y a plus de doute : les chrétiens vont gagner.
A la fin de la journée, 130 galères turques tombent au pouvoir des confédérés, 90 se brisent contre terre ou sont coulées. 30000 turcs morts et seulement 8000 chrétiens.
C'est la victoire complèt
7 octobre 1571... à Rome, dans le bureau du pape
Don Juan pense tout de suite à prévenir le pape. Mais le téléphone n'existe pas encore... La bonne nouvelle n'arrivera à Rome que dans les derniers jours d'octobre.Mais cette nouvelle, le pape la connaît déjà !!!
Le 7 octobre, à 5 heures de l'après-midi, absorbé par une réunion importante, il s'arrête tout à coup, impose silence à ceux qui sont là, se lève brusquement, se dirige vers la fenêtre, I'ouvre et y demeure quelques minutes dans une profonde contemplation.
Son visage, son attitude décèlent une profonde émotion. Puis, il se retourne et dans un grand mouvement de joie, il s'écrie :"Courez rendre grâces à Dieu, notre armée remporte la victoire".
"Secours des chrétiens, priez pour nous"
Saint Pie V pense tout de suite à remercier le Ciel et à mettre en valeur le mérite et la puissance de la prière à Dieu et à Notre Dame. Et pour célébrer à perpétuité l'assistance spéciale de Marie, il ajoute aux litanies de la Sainte Vierge l'invocation "Secours des chrétiens, priez pour nous".
Il institue pour le 7 octobre la fête de Notre Dame de la Victoire.
Son successeur, le pape Grégoire XIII, Ia transformera en fête de Sainte Marie du Rosaire.
Elle sera étendue à toute l'Église par le pape Clément XI, à la suite d'une autre extraordinaire intervention de Notre Dame pour la délivrance de Vienne en 1716… encore une fois menacée par les musulmans.
A la date du 7 octobre, nous pouvons tous terminer cette belle histoire par quelques invocations à la Sainte Vierge, choisies dans les litanies :
Mère de l'Eglise, priez pour nous !
Mère du Bon Conseil, priez pour nous !
Secours des chrétiens, priez pour nous !
Reine du très saint Rosaire, priez pour nous !
Reine de la Paix, priez pour nous !
Notre Dame du Saint Rosaire - 7 octobre
La fête du Saint Rosaire est célébrée le 7 octobre, date à laquelle la flotte chrétienne remporta à Lépante une victoire décisive sur les Turcs musulmans.
La fête a été étendue à tout le rit romain en 1716. Célébrée le 1er dimanche d’octobre jusqu’à la réforme de Pie X, fixée au 7 octobre en 1914, le 1er dimanche d’octobre reste encore, dans le code des Rubriques de 1960, le jour propre de la solennité externe de la fête.
La réforme de Jean XXIII en a changé l’intitulé : au lieu de la fête du Très Saint Rosaire, il est désormais fête de Notre-Dame du Rosaire.
Replaçons-nous dans le contexte historique. C'était en 1571. Le pape saint Pie V avait préconisé la récitation du Saint Rosaire avant la bataille navale qui fut une éclatante victoire.
Il institua une fête annuelle sous le titre de Sainte Marie de la Victoire mais peu après, le pape Grégoire XIII changea le nom de cette fête en celui de Notre Dame du Saint Rosaire.
Le Rosaire avait été institué par saint Dominique au commencement du XIIIe siècle.
Par le zèle des papes, et aussi par les fruits abondants qu'il produisait dans l'Église, il devenait de plus en plus populaire. Au XVe siècle, le bienheureux Alain de la Roche, dominicain, fut suscité par Marie pour raviver cette dévotion excellente. Plus tard, dans les premières années du XVIIIe siècle, parut un homme extraordinaire appelé à bon droit le Dominique des temps modernes, et qui fut le grand propagateur, l'apôtre de la dévotion au saint Rosaire : c'est saint Louis-Marie Grignon de Montfort. C'est le moyen qu'il jugeait le plus puissant pour établir le règne de Dieu dans les âmes. Son œuvre a continué après lui ; c'est le rosaire à la main que la Vendée, en 1793, a défendu ses foyers et ses autels.
« Totus tuus », expression de Saint Louis Marie Grignon de Montfort, désormais rendue célèbre par Jean-Paul II qui en avait fait sa devise. Dans son testament ce dernier écrivait de la Vierge : "Je ressens encore plus profondément que je suis totalement comme entre les mains de Dieu - et je reste constamment à la disposition de mon Seigneur, me confiant à Lui dans Sa Mère Immaculée (Totus Tuus).
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