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Christian Chanliau.overblog.com

Culture et Religiion

Soyons aussi intelligent que l'âne et le boeuf !

Publié le 26 Décembre 2012 par Christian Chanliau

Homélie nuit de Noël 2012 (Bruxelles) et jour de Noël 2012 (Malines)

En cette nuit et en ce jour de Noël, beaucoup de cadeaux sont échangés entre membres de la famille ou entre amis. C’est très normal puisque nous fêtons un anniversaire. La seule chose étrange, c’est que, le plus souvent, on fait la fête sans même mentionner celui dont on fête l’anniversaire, à savoir notre frère et Seigneur, Jésus… Un peu comme si, lors d’un anniversaire en famille, on parlait de tout le monde, sauf de celui que l’on fête ! Certes, nous ne connaissons pas la date de la naissance de Jésus, mais, depuis près de 17 siècles, on la fête le 25 décembre, au jour où, après le solstice d’hiver, le soleil commence, dans l’hémisphère nord, à remonter plus haut au-dessus de l’horizon. Jésus est, en effet, la Lumière du monde, brillant en nos ténèbres. Mais si nous sommes ici, c’est bien parce que nous voulons fêter la naissance de Jésus, Fils éternel du Père devenu un petit enfant parmi les hommes, afin que les hommes aient part à la joie de Dieu. Et nous voulons le féliciter et le remercier.

Essayons donc d’être aussi intelligents que le bœuf et l’âne de la crèche, dont Dieu dit dans le prophète Isaïe (Is 1, 3) : « Le bœuf reconnaît son bouvier, et l’âne la crèche de son maître, mais mon peuple ne connaît rien et ne comprend rien ». Dans son beau livre sur l’enfance de Jésus, Benoît XVI note avec beaucoup d’humour, que, même si l’évangile n’en parle pas, jamais le bœuf et l’âne ne doivent disparaître de la crèche, car leur simple présence est pour nous un rappel, un malicieux clin d’œil, comme s’ils nous disaient : « En cette fête de Noël, reconnaissez comme nous votre maître, venez adorer ce Dieu qui s’est fait si petit pour vous rejoindre sans vous effaroucher » !

Avez-vous jamais pensé à ceci : il n’y a que deux humains, parmi tous les personnages de l’histoire, à qui, chaque jour, depuis près de vingt siècles, des centaines de millions d’hommes et de femmes envoient des mots d’amour ? Des « Jésus, je t’aime » ou des « Je vous salue, Marie ». Certes, il y avait, à l’époque de Jésus, des personnages bien plus célèbres que lui : Alexandre le Grand, Jules César ou Cléopâtre. Mais où vivent encore ces personnages dans la mémoire des hommes ? Uniquement dans des livres d’histoire ou des manuels de thème grec ou de version latine. On pourrait en dire autant d’autres célébrités plus proches de nous dans l’histoire. Mais quel homme se réveille le matin en disant à Cléopâtre ou à l’Impératrice Marie-Thérèse : « Ma bien-aimée, tu es le trésor de ma vie ! » Et quel femme, au réveil, soupire amoureusement : « Ô Napoléon, ou ô Wellington, que serais-je sans toi ? » Même les grands fondateurs de religion, Bouddha, Confucius ou Mahomet, sont certes hautement vénérés, mais qui leur envoie quotidiennement des baisers d’amour, comme nous pouvons le faire pour Jésus, notre frère et notre Dieu ? Des centaines de millions l’ont fait avant nous. Des millions lui ont consacré toute leur vie, renonçant à tout pour ses beaux yeux. Et beaucoup sont morts avec, sur leurs lèvres, son nom adorable : « Jésus ! »

Alors, en ce jour de Noël, disons simplement à Celui qui nous aime le premier, disons à l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, que nous aussi, nous l’aimons. Disons-le-lui avec un cœur d’enfant, spécialement au moment de la communion, où il vient reposer en nous comme en sa crèche préférée. Et disons aussi à Marie que nous l’aimons puisque c’est elle qui nous l’a donné de la part de son seul père, Dieu, le Père de Jésus et le nôtre. « Je vous salue, Marie ! »

+ ANDRÉ-JOSEPH LÉONARD, Archevêque de Malines-Bruxelles

 

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