le card. Dalla Costa sauve des centaines de juifs à Florence
Traduction d’Hélène Ginabat
ROME, mardi 27 novembre 2012 (ZENIT.org) – A l’automne 1943, lors des rafles anti-juives en vue de la déportation à Auschwitz, le cardinal Elia Dalla Costa, archevêque de Florence, donna des directives très précises pour venir en aide aux juifs.
Mort en 1961, le cardinal Dalla Costa a été reconnu le 26 novembre 2012 comme « Juste parmi les Nations » par le musée de l’holocauste Yad Vashem de Jérusalem, pour avoir sauvé des centaines de juifs.
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Après avoir mené à terme, avec succès, le ratissage et la déportation vers Auschwitz de 1022 juifs de Rome, le service spécialisé du capitaine Theodor Dannecker remonta rapidement la péninsule pour effectuer d’autres rafles-surprise analogues dans les principales villes italiennes, suivant les procédés expérimentés dans la capitale. Cependant, Dannecker étant tombé malade après la razzia dans le ghetto de Rome, la conduite des opérations passa aux mains de son adjoint, Alvin Eisenkolb, qui prit aussitôt pour cible Florence. La ville paya ainsi son tribut atroce à la Shoah en subissant deux ratissages les 6 et 26 novembre 1943.
Le 11 septembre, à peine trois jours après la proclamation de l’armistice, les Allemands occupèrent manu militari le chef-lieu florentin en déchainant immédiatement, avec la complicité du tristement célèbre Département des services spéciaux dirigé par le commandant Mario Carità, une féroce chasse à l’homme contre tous les juifs qui se trouvaient à Florence. Firent partie du lot aussi les réfugiés à peine arrivés des pays limitrophes occupés par les nazis, dans l’espérance, qui allait hélas se révéler vaine, que leur sort serait peut-être meilleur en Italie.
La législation antisémite adoptée par la République sociale italienne avait contribué à préparer la voie pour les rafles des SS. En effet, l’émission de la Carte de Vérone qui, au chapitre 7, considérait les juifs comme des « étrangers et membres d’une nation ennemie », décrétait leur internement dans des camps spéciaux prévus par le Ministère de l’intérieur. C’est ainsi que tous les juifs furent traqués, arrêtés et détenus aux Murate, à Santa Verdiana ou dans les différents camps d’internement comme celui de Villa Le Selve près de Bagno a Ripoli, avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis.
Face à la menace des persécutions antijuives, ayant appris de certains amis de la police et du Comité de libération nationale que les Allemands avaient demandé les listes de tous les juifs florentins, le Comité d’assistance pour les juifs, monté par le jeune rabbin chef de Florence, Nathan Cassuto, en intelligence avec Matilde Cassin, ne réussissait plus désormais à faire face seul aux demandes qui provenaient continuellement de la part de tous les réfugiés juifs. Il décida de s’adresser à la curie florentine, avec laquelle se nouèrent les premiers contacts par l’intermédiaire de Giorgio La Pira, qui habitait alors au couvent dominicain Saint Marc.
L’archevêque de Florence, le cardinal Elia Dalla Costa, chargea aussitôt le curé de Varlungo, don Leto Casini, et le père dominicain Cipriano Ricotti, d’aider le Comité d’assistance pour les Juifs (qui agissait comme le bras des aides internationales fournies par la Délégation pour l’assistance des émigrants juifs, la Delasem) pour mettre en sécurité les réfugiés juifs dans les différents monastères et instituts religieux du diocèse.
« C’est ainsi qu’un matin de la fin octobre 1943, écrit dans ses mémoires don Leto Casini, Mgr Meneghello présenta don Casini au Comité qui comprenait le rabbin de Florence, Nathan Cassuto, le Rag. Raffaello Cantoni, Giuliano Treves, Joseph Ziegler, d’origine hongroise, Kalberg, Matilde Cassin, les sœurs Lascar et deux autres personnes dont les noms m’échappent. D’autres encore ont été d’une grande aide, comme le père dominicain Cipriano [Ricotti], don Giovanni Simeoni et, naturellement, Mgr Meneghello qui, par l’intermédiaire du cycliste renommé Gino Bartali, réussit à se procurer les cartes d’identité falsifiées avec la machine Felix de la typographie de Luigi Brizi d’Assise, pour les juifs cachés dans les différents monastères de Florence.
Le Comité se réunissait tous les jours, continue don Leto, tant il y avait de problèmes urgents à régler. Le lieu des réunions changeait souvent pour éviter le risque d’être découverts. Dans la chapelle des Orafi, dans l’église des Saints Etienne et Cécile, don Casini réunissait chaque semaine les juifs de Florence pour s’informer de leurs nécessités et donner de l’argent à ceux qui en avaient le plus besoin. L’argent requis pour pourvoir aux innombrables nécessités – il fallait fournir la nourriture, le logement, les vêtements, les médicaments, les cartes d’identité (fausses, naturellement) à plusieurs centaines de personnes – était versé à don Casini par le comptable, Cantoni ».
Il y avait aussi, pour s’occuper de tout cela, un petit groupe de jeunes qui se réunissaient dans les locaux de la Librairie éditrice Fiorentina, pour procéder à la falsification des documents qui étaient ensuite distribués aux juifs. A ce moment-là, suivant à la lettre les directives données par le cardinal Dalla Costa, dans le chef-lieu florentin et ses environs, plus de vingt-et-un monastères et instituts religieux (sans compter les diverses paroisses) ouvrirent grand leurs portes pour offrir un refuge à plus de 110 juifs italiens et 220 étrangers.
Ce que nous racontons là a été confirmé ponctuellement par le témoignage du père Egidio, un moine âgé des carmes déchaux, par lequel nous apprenons que, dans les années 1943-1944, dans la bibliothèque du monastère San Paolino à Florence (là où, en 1936, le cycliste Bartali avait prononcé ses vœux de tertiaire carme), « se réunissait le Comité de libération nationale et deux jeunes d’origine juive restèrent cachés pendant quelque temps ». Grâce à ce réseau clandestin d’assistance très sophistiqué, qui pouvait s’appuyer sur une organisation éprouvée qui reliait (comme dans ce cas-là) la Delasem avec la curie de Gênes et de Florence, un certain nombre de juifs furent sauvés de la déportation ; ils furent cachés dans des monastères et dans des instituts ecclésiastiques comme la maison mère des franciscaines servantes de Marie, de Quadalto, un hameau de la commune de Palazzuolo sul Senio, dans la province de Florence, qui, fin septembre 1943, avait été ajoutée sur la longue liste à remettre aux juifs qui cherchaient refuge.
« Un nouveau sang a déjà commencé à être versé », écrivait le 15 septembre le chroniqueur du sanctuaire de Santa Maria della Neve. Les meilleurs citoyens sont mis à mort. Notre monastère aussi a été repéré par Son Eminence le cardinal [Dalla Costa] pour cacher les victimes des persécutions. Aujourd’hui est arrivé chez nous le professeur Levi. C’est un petit vieux qui a passé sa vie dans l’étude et l’école. Il est recherché parce que d’origine juive. Il s’est converti au catholicisme il y a plus de dix ans (…). Ses articles ont même été publiés dans L’Osservatore Romano. Notre Mère générale l’a accueilli très volontiers, tout en sachant qu’elle mettait sa vie en danger en se prêtant à ce genre d’action. La Bienheureuse Vierge Marie de Quadalto nous protègera parce que nous faisons une bonne action : nous protégeons les persécutés par amour de la justice ». En effet, ayant constaté personnellement la sécurité du lieu durant sa visite pastorale du 22 août, le cardinal Dalla Costa s’était adressé à la mère générale, sœur Teresa Serantoni, pour lui demander sa disponibilité à accueillir dans son monastère ceux qui risquaient leur vie à cause des persécutions nazies et fascistes. Il lui avait particulièrement recommandé le professeur Giulio Augusto Levi qui, à l’époque, comme l’a écrit Gentile, était considéré comme « un des meilleurs interprètes de la pensée léopardienne ». Malheureusement, à cause des lois raciales, on lui avait retiré en 1938 la chaire de littérature italienne au lycée Galilée de Florence, le condamnant à la clandestinité avec sa famille.
Fin septembre 1943, de nombreuses personnes commencèrent à affluer à Quadalto, au sanctuaire de Santa Maria della Neve, pour trouver refuge, surtout des juifs, parmi lesquels Eugenia Levi, la plus jeune fille de l’éminent critique littéraire, bien que, comme l’écrivait le chroniqueur, « le nombre des juifs accueillis grandissant, la probabilité qu’ils soient découverts augmentait, et en conséquence le risque que notre bonne Mère générale soit arrêtée et condamnée ».
Le 17 octobre, aussitôt après l’annonce de l’atroce razzia qui venait d’avoir lieu dans le ghetto de Rome, la femme du professeur Levi et son autre fille, Sara, rejoignirent Eugenia et son père. Cependant, à peine arrivées, elles apprirent que, par précaution, ceux-ci avaient quitté le monastère pour se rendre auprès du prieur de Mantigno, don Primo Grandi. En effet, il s’était passé que, le 10 octobre, de manière imprudente, Levi et Eugenia avaient été vus à l’église et qu’aussitôt des bruits avaient couru qu’il y avait, au monastère, un vieil homme avec une demoiselle. Craignant une délation prévisible, il avait donc paru opportun de les transférer chez le prieur de Mantigno qui, avec la comtesse Strigelli et ses fils, se prodiguait pour cacher des Anglais et des personnes recherchées par les nazis-fascistes.
Bien qu’encore fatiguées par leur long voyage, la femme de Levi et sa fille Sara décidèrent donc de rejoindre immédiatement leurs parents mais, comme don Grandi ne pouvait pas les héberger, d’un commun accord, ils retournèrent tous à Quadalto. « Que faire ? », se demandaient les sœurs, « Les laisser dehors ? Les renvoyer sur la route avec le risque qu’ils soient découverts et arrêtés ? Ou pire, qu’ils soient envoyés dans un camp de concentration ? On raconte des faits atroces qui sont arrivés à ces pauvres misérables. Il est facile de les découvrir parce qu’il suffit qu’ils fassent voir leur carte d’identité et leur prénom les accuse. Après avoir bien considéré la situation, notre Mère générale, pleine de confiance dans la Vierge Marie, les logea tous et les cacha dans deux chambres au second étage de l’hôtellerie ».
Le 28 octobre 1943, les Servantes de Marie cachèrent aussi, pendant quelques jours, deux officiers anglais qui se dirigeaient vers Ancône (où ils espéraient s’embarquer pour Bari), après avoir réussi à s’évader d’un camp de réfugiés, avec l’aide du fils de la comtesse Strigelli, Franco. Le 31 octobre, avant même qu’ils aient eu le temps de saluer les officiers anglais, survint l’archiprêtre de Lagosanto, don Giuseppe Folegatti, contraint à fuir parce qu’il était considéré comme un soutien de la brigade M. Babini, et donc accusé d’antifascisme. « Il raconte une histoire douloureuse », lit-on dans les chroniques du monastère, « le 24 de ce mois, le « Fédéral » de Ferrare (Igino Ghisellini) était venu le trouver au presbytère et lui avait dit que, s’il n’avait pas fait de propagande fasciste et germanophile dans la semaine, ce serait trop tard pour lui et il n’aurait plus le temps de se rattraper. Sa conscience se rebella devant une telle proposition et il dit sans hésiter qu’il ne pouvait pas accepter. Le dimanche 31, je viendrai de nouveau, avait ajouté le Fédéral, et je ferai alors ce qui sera de mon devoir ».
Contraint à faire disparaître ses propres traces, avec le consentement de son évêque, Mgr Paolo Babini, don Giuseppe Folegatti décida de se réfugier à Quadalto, au sanctuaire de Santa Maria della Neve.
Entretemps, le 14 novembre, alors que les nazi-fascistes avaient déclenché à Florence la première vague de rafles, à l’improviste, vers minuit, les sœurs furent réveillées en sursaut par quelqu’un qui carillonnait à la porte. Non sans inquiétude elles se précipitèrent à la fenêtre où elles parvinrent à distinguer un homme et une femme assez agités qui leur demandèrent : « Le professeur Levi est ici avec sa famille ? » « Nous ne connaissons pas le professeur Levi ; et il n’y a aucune personne étrangère dans le monastère », répondit sœur Teresa Serantoni en coupant court. « N’ayez pas peur, ma bonne religieuse, ouvrez-nous », répliqua le mystérieux interlocuteur : « Je suis le frère du professeur Levi et voici ma fille ». Nous avons la certitude que mon frère est ici avec sa famille ». Entretemps, entendant chuchoter, la famille du vieux lettré s’était approchée pour chercher à comprendre ce qui se passait. Dès qu’ils eurent compris de qui il s’agissait, ils firent un signe aux sœurs pour confirmer que ce qu’ils disaient était vrai, priant la mère supérieure de les héberger eux aussi dans le monastère.
Cette fois encore, sœur Teresa accepta de bon gré bien que, comme le souligne l’auteur de la chronique, cette affaire ait commencé à prendre une tournure préoccupante, étant donné qu’à « Florence, une chasse sans pitié était lancée contre les juifs et quelqu’un avait pu voir ces deux personnes descendre du Courrier de Palazzuolo et venir chez nous. (…) Nous sommes très préoccupées pour cette famille persécutée qui pourrait être découvertes d’un moment à l’autre, continue la religieuse, et nous sommes aussi très préoccupées pour notre Mère générale ; il suffirait qu’ils l’arrêtent pour qu’elle meure car elle est très malade et son état physique très faible ne supporterait pas un voyage en camion et l’enfermement dans une prison ».
Le sinistre présage se concrétisa quelques jours plus tard, le 17 novembre, lorsqu’un espion fasciste, le maréchal des carabiniers Mariottini, se présenta au monastère. Il dit à la mère générale sur un ton intimidateur : « Des bruits courent dans le pays que vous logez une famille de juifs ». Sans la moindre hésitation, sur un ton ferme et péremptoire, sœur Teresa répliqua : « Je n’ai personne au monastère. Venez donc explorer le monastère et vous serez convaincu de ce que j’affirme ». « Je vous avertis, répondit l’homme, que si cela s’avérait exact, vous mettriez votre vie en grand danger, parce que les lois en vigueur sont très sévères sur ce point ».
Dès qu’elle vit que le sous-officier, visiblement irrité, avait quitté le monastère, la religieuse intrépide se précipita auprès de Levi pour l’exhorter à faire rapidement ses valises : ce lieu ne garantissait plus désormais aucune sécurité. Voici ce que rapporte la rédactrice angoissée des chroniques : « Il pleut. Le seul chemin possible est de passer par Lozzole pour arriver à Marradi. La route de Lozzole est dangereuse dans une telle obscurité, avec la pluie qui a rendu le sentier glissant. Le professeur est vieux et fatigué et l’une de ses filles a de la fièvre. Ils décident de partir en laissant ici l’épouse du professeur qui est malade et incapable de faire toute cette route à pied. La séparation est très douloureuse, tout le monde pleure ».
Quoi qu’il en soit, cette nuit-là, en grimpant par les sentiers de montage sous une pluie battante, ils réussirent à rejoindre Marradi dans les premières heures de la matinée, pour y trouver une cachette sûre aux alentours de Florence. Eugenia et Sara furent, en effet, hébergées dans un monastère de sœurs, tandis que « le professeur était caché dans l’Hospice des vieux mendiants à Florence. L’autre maison des Servantes de Marie de Coverciano-Florence, dirigée par la mère supérieure, sœur Candida Resta, mit aussi tout en œuvre pour chercher, à travers cette œuvre de charité, à atténuer « la haine aveugle, implacable, sans discrimination » et la longue traînée de sang que laissait dans son sillage l’atroce vengeance des nazi-fascistes. « Les jours du doux mois de septembre florentin furent tragiques, et l’automne 1943 fut tout aussi douloureux. (…) Ainsi, par ces portes toujours courageusement et fraternellement ouvertes, passèrent des hommes fuyant les rafles aveugles : des soldats ayant échappé aux déportations, des hommes politiques compromis et traqués dans une horrible soif de vengeance, des juifs persécutés sans relâche, des âmes en peine cherchant à fuir, des rescapés terrorisés par les bombardements, des jeunes refusant de porter un uniforme qui les aurait mis au service de l’ennemi et des fascistes fratricides, de vieilles Anglaises et Américaines malades ou infirmes, destinées aux camps de concentration, des innocents menacés d’horribles représailles. (…) La douce Maison (…) accueillit, secourut, réconforta, hébergea, avec un calme imperturbable, consciente mais insouciante du danger auquel toute forme de pitié exposait, à cette triste époque. (…) Les portes secourables continuèrent ainsi à rester ouvertes, dans la confiance, et aucune restriction ne fut imposée, pas même aux hôtes les plus suspects et les plus activement recherchés. »
A trois heures du matin, le 27 novembre 1943, après avoir arrêté les membres du Comité d’assistance judéo-chrétien au siège florentin de l’Action catholique, au numéro 2 de la via de’ Pucci, une autre patrouille d’une trentaine de SS, assistés de miliciens fascistes, sur dénonciation du secrétaire de Joseph Ziegler (un certain Marco Ischio), donnèrent libre cours à leur violence et n’épargnèrent même pas les lieux sacrés où ils étaient convaincus de débusquer les juifs cachés avec la complicité des religieuses.
La razzia la plus atroce se révéla précisément être celle qui eut lieu au couvent des sœurs franciscaines missionnaires de Marie, Piazza del Carmine, à l’époque sous l’autorité d’une jeune mère supérieure, sœur Sandra (au siècle Ester Busnelli), qui, accueillant l’invitation du cardinal Dalla Costa, avait ouvert tout grand les portes du couvent à une cinquantaine de femmes, presque toutes des réfugiées juives, avec leurs enfants, parmi lesquelles la femme du grand rabbin de Gênes, Wanda Abenaim Pacifici et ses fils Emanuele et Raffaele. « Les juives qui étaient dans le salon sont prises comme des rats dans un piège, écrit la sœur dans les chroniques, et elles ne se remettent pas de leur surprise. (…) Une jeune fille (Lea Lowenwirth-Reuveni) tente de fuir en sautant par la fenêtre mais elle est aussitôt rejointe par un SS ». En fait, entretemps, dès que la responsable du pensionnat, sœur Emma Luisa, avait entendu sonner à la porte, elle avait tenté « de faire s’enfuir quelques-unes d’entre elles par une porte secrète de la clôture qu’elles connaissaient déjà. Malheureusement, elles n’arrivent pas à temps et elles sont prises ».
Les femmes juives arrêtées par les Allemands furent gardées prisonnières dans le couvent avec leurs enfants pendant quatre jours d’affilée, confiées à la garde des fascistes du tristement célèbre Département des services spéciaux, plus connu sous le nom de Banda Carità ; dans la matinée du 30 novembre, ils se laissèrent aller à toutes sortes d’abus et de sévices à tel point que, « pour avoir les deux ou trois filles auxquelles ils prétendaient (…), il y eut une femme (…) qui, pour sauver les jeunes filles, offrit de se livrer elle-même à ces fascistes ; ils abusèrent d’elle dans un coin de la pièce (…) mais aucune d’entre elles ne fut libérée ». En fait, elles furent d’abord enfermées dans les prisons de Florence, puis transférées à Vérone avant d’être déportées vers le camp d’Auschwitz-Birkenau d’où, hélas, elles ne revinrent jamais.
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