La parabole est un genre très prisé dans la Bible, il y en a de nombreux exemples dans le Premier comme dans le Nouveau Testament. Les écrivains sacrés l’utilisent quand ils veulent évoquer une comparaison entre ce qui est visible (un berger, un semeur, une ménagère, etc.) et le monde invisible de Dieu. Par-là, ils cherchent aussi aussi provoquer à une décision de foi. Ainsi quand Jésus veut parler du « Règne de Dieu », il n’explique pas ce qu’il est, il suggère. Il ne donne pas un enseignement magistral, il invite à la foi en partant de la graine, des couleurs du temps, du banquet, du voyage, du roi, ses serviteurs et ses fils…
Aujourd’hui, la liturgie nous offre deux petites paraboles : celle des semailles et celle de la moisson à partir d’une toute petite graine. Il ne s’agit pas de petites historiettes pour distraire des enfants. Il s’agit d’un appel à la foi, à la confiance et à l’humilité. Le semeur qui croit à la puissance de Dieu, après avoir mis le grain en terre, vit dans l’abandon et la confiance. Il a fait sa part, mais si Paul a planté, si Apollos a arrosé, c’est Dieu qui a fait croître. « Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. » (Ps 125, 5-6) Après son travail de semeur, il peut aller dormir, « car le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi » (Psaume 120, 5). Et aussi « si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes. En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain de douleur : Dieu comble son bien-aimé quand il dort » (Psaume 126, 1-2).
Nous avons à apporter notre liberté, notre décision de collaborer avec Dieu. Si nous semons par la prière, en donnant du temps à Dieu, en faisant toute chose en Dieu, voilà que le Seigneur fera pousser une moisson inattendue. Mais gardons bien l’humilité, car « nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Marc 4, 26-27). « De même que tu ignores les routes du vent et comment se forment les os de l’enfant dans le ventre de la mère, de même tu ne comprends pas l’œuvre de Dieu qui fait toute chose » (Qohélet 11, 5)..
Semer, sans savoir ni où ni comment lèvera la moisson, c’est bien ce que vivent bien souvent les parents, les enseignants ou les catéchistes. C‘est à l’humilité que nous renvoie aussi la deuxième parabole : la plus petite de toutes les semences qui donne une plante potagère aux branches si amples que les oiseaux viennent y trouver un abri. La parabole marque le contraste entre la modestie des commencements et l’abondance des résultats, entre le presque rien de notre liberté qui se décide pour la confiance et la fécondité que Dieu en tire.
C’est donc à l’espérance que nous invite ces deux paraboles. Dieu est à l’œuvre et il suscite notre réponse, Jésus est avec nous tous les jours (Matthieu 28, 20), et ce jusque dans sa mort et sa résurrection qui anticipent en lui la nôtre : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jean 12, 24-25).
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