30e dimanche du Temps Ordinaire
Jouons quelques instants « aux chiffres et aux lettres » Voici, pour les chiffres, 10, 365, 245, 9 et 2 et pour les lettres, veuillez trouver l’anagramme de Marie. Donnons d’abord sens à tous ces chiffres. 10 pour les dix commandements évidemment. 365, non pas pour les jours d’une année civile mais pour les 365 interdits recensés dans le Premier Testament. 245, toujours dans le Premier Testament, représente les 245 prescriptions auxquelles il y a lieu d’obéir. 9 pour les béatitudes qui nous font découvrir que dans le Christ nous quittons le champ de la loi pour entrer dans celui du bonheur et enfin, le chiffre deux pour les deux commandements d’amour de Jésus. Il y a donc dans le Premier Testament 620 lois et interdits et seulement deux dans le Nouveau. Mais ces deux-là accomplissent les 620 anciens. Quant aux lettres, Marie est entre autre l’anagramme d’aimer, à l’image des lois du Christ. Toute la loi et les prophètes se résument ainsi en deux commandements : celui de l’amour de Dieu et de son prochain. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » L’amour est une route sur laquelle nous marchons. Il n’est pas un sommet mais plutôt départ de la vallée suivi de détours et de chutes sans fin. Aimer Dieu, c’est cela : avoir foi en l’Amour tout-puissant, au-delà de l’échec et de l’épreuve. Comment aimer Dieu ? En prenant la peine de méditer quelques instants sur l’évangile du jour, mais aussi en soulignant le lien existant entre ces deux lois d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. « Et voici le second, qui lui est semblable : aime ton prochain comme toi-même. » Le commandement de l’amour du prochain est semblable au commandement de l’amour de Dieu, c’est-à-dire que c’est dans l’amour de l’autre que je peux pleinement vivre de l’amour du Tout-Autre. Dieu me demande de l’aimer mais pas seulement dans une relation privilégiée entre Lui et moi, mais aussi d’apprendre à le découvrir, à le reconnaître et puis à l’aimer dans tous ceux et celles qui croisent ma route. Le jour et la nuit La merveilleuse petite histoire juive qui suit, peut nous aider à le comprendre. Un vieux rabbin demandait à ses disciples comment ils pouvaient dire quand la nuit était finie et que le jour avait commencé. « Serait-ce, demanda l’un des étudiants, « quand on peut voir un animal au loin et distinguer si c’est un mouton ou un chien ? » « Non », répondit le rabbin « Serait-ce lorsqu’on peut distinguer un fil noir d’un fil blanc », proposa un autre. « Pas davantage », rétorqua le rabbin. « Alors, quand est-ce ? », demandaient les élèves. « C’est quand vous pouvez voir le visage de n’importe quel homme ou femme et voir que c’est votre frère ou votre sœur. Car si vous ne pouvez voir cela, c’est encore la nuit. » La nuit règne tant que nous n’arrivons pas à découvrir dans le visage de l’autre, même agressif, même hostile, la trace du Tout-Autre dont il est le fils, dont elle est la fille. En ce sens, l’amour n’est jamais atteint et toujours à construire. Aimer Dieu, ce n’est pas tourner sa tête vers le Ciel et s’y engouffrer. Non aimer Dieu, c’est le chercher et le trouver en l’autre. Si Dieu vit en moi et si je le laisse me toucher au fond de moi, alors je Le devine en chacune et chacun de ceux que je rencontre. Ne cherchons plus à aimer Dieu dans un ailleurs, car ce n’est pas là qu’il réside. Aimons Dieu là où il est, en notre prochain. Et au plus profond de notre être.
La Loi de Dieu, chemin de vie Au cœur de l’Ancien Testament, il y a les dix paroles de vie transmises par Dieu à Moïse sur l’Horeb. Elles définissent un mode de vie valable pour les croyants de tous les temps parce qu’elles mettent Dieu à la première place et qu’elles affirment qu’il n’y a pas de foi en Dieu sans amour du prochain. Par ce code, Dieu offre aux hommes de bonne volonté le moyen de vivre dans son Alliance et de devenir une nation sainte. Lecture d’image sur Marc Chagall : Moïse recevant les tables de la Loi
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